Missions, normes, responsabilités

Courants forts, courants faibles : ce que vous assurez

Un BET électricité ne porte pas un risque unique mais une famille d’activités : distribution CFO, réseaux CFA, éclairage, alimentation des systèmes de sécurité, bornes de recharge, photovoltaïque. Chacune a ses normes, ses sinistres et sa ligne dans votre contrat d’assurance.

Chaque activité déclarée au contrat — un courtier spécialisé des bureaux d’études vérifie

Responsabilités d’un BET CFO / CFA
NF C 15-100 · 14-100
Normes
courants forts
CFO
courants faibles
CFA
activités à déclarer
IRVE · PV

CFO, CFA : le périmètre d’un bureau d’études électricité

Dans le vocabulaire des lots techniques, on distingue les courants forts (CFO), qui transportent l’énergie, et les courants faibles (CFA), qui transportent de l’information.

DomaineContenu typeRisque principal
Courants forts (CFO)Raccordement, TGBT, colonnes, distribution, éclairage, prises, alimentations spécialiséesÉchauffement, incendie, coupures
Courants faibles (CFA)Précâblage VDI, contrôle d’accès, vidéoprotection, interphonie, GTBDysfonctionnement, immatériels
SécuritéÉclairage de sécurité, alimentation des systèmes de sécurité incendieAvis défavorable, mise en danger
IRVEBornes de recharge, pilotage énergétique, raccordementDépassement de puissance
PhotovoltaïqueAutoconsommation, injection, partie courant continuArc électrique, incendie
HTAPoste de livraison, transformationEnjeux et montants élevés

Chaque ligne correspond, chez l’assureur, à une activité à déclarer.

La frontière entre CFO et CFA compte moins pour votre assureur que la liste exacte des activités inscrite au contrat. Un BET qui « fait de l’électricité » mais n’a déclaré que les courants forts n’est pas couvert pour un sinistre de contrôle d’accès. Et les activités plus récentes — bornes de recharge, autoconsommation photovoltaïque — sont précisément celles que les anciennes nomenclatures d’assureurs oublient.

Les normes et textes qui fondent votre responsabilité

En cas de litige, l’expert compare votre étude aux règles de l’art — c’est-à-dire d’abord aux normes applicables au jour de l’étude.

NF C 15-100
Installations électriques à basse tension : sections, protections, dispositifs différentiels, liaisons à la terre. Sa partie 7-722 traite de l’alimentation des véhicules électriques.
NF C 14-100
Installations de branchement à basse tension, entre le réseau public et l’origine de l’installation : dérivations individuelles, colonnes.
NF C 13-100 / 13-200
Postes de livraison HTA et installations électriques à haute tension.
Code du travail
Articles R4215-1 et suivants : obligations du maître d’ouvrage dans la conception des installations électriques des lieux de travail.
ERP
Règlement de sécurité contre l’incendie (arrêté du 25 juin 1980) : articles EL (installations électriques) et EC (éclairage).
Mise sous tension
Décret n° 72-1120 du 14 décembre 1972 : attestation de conformité visée par le Consuel pour les installations neuves.
IRVE
Décret n° 2017-26 du 12 janvier 2017 : installation par un professionnel qualifié au-delà de 3,7 kW ; pré-équipement des parkings prévu par le code de la construction et de l’habitation.
Datez la norme appliquée

Les normes évoluent. Indiquez dans vos notes de calcul et CCTP la version de la norme retenue et la date de l’étude : un expert juge votre travail au regard des règles en vigueur quand vous l’avez produit, pas de celles qui ont suivi.

Vos missions : de la conception au visa

Les éléments de mission de maîtrise d’œuvre — esquisse, avant-projet sommaire (APS) et définitif (APD), projet (PRO), assistance aux contrats de travaux (ACT), études d’exécution (EXE), visa (VISA), direction de l’exécution (DET), assistance aux opérations de réception (AOR) — sont définis pour les marchés publics par le code de la commande publique et repris par la pratique privée. Pour l’assureur, ils ne pèsent pas tous le même poids.

MissionCe que vous engagezPoids pour l’assureur
APS / APD / PROLes choix d’architecture électrique et le dimensionnement de principeModéré
EXELe dimensionnement final : sections, calibres, plans de réalisationÉlevé
VISALa vérification de la conformité des plans de l’entreprise à votre projetModéré à élevé
DET / AORLe suivi du chantier et la réception : les réserves que vous n’émettez pas vous engagentÉlevé
Audit / diagnostic / AMOLe conseil, hors constructionRC Pro uniquement

Déclarez vos missions et leur part dans votre chiffre d’affaires.

Devoir de conseil, visa, réception : où votre responsabilité se joue

Trois moments concentrent l’essentiel des mises en cause d’un BET électricité. Le bilan de puissance, d’abord : c’est l’hypothèse sur laquelle tout repose, et celle que l’on retrouve à l’origine des sinistres d’échauffement et d’IRVE. Le visa, ensuite : viser les plans d’une entreprise qui substitue un disjoncteur ou réduit une section, sans refaire le calcul, revient à endosser son choix. La réception, enfin : un défaut visible non réservé est purgé pour le maître d’ouvrage, mais peut se retourner contre le maître d’œuvre qui l’a laissé passer.

À chacun de ces moments s’ajoute un devoir de conseil : alerter par écrit le maître d’ouvrage lorsqu’un choix (réduction de puissance souscrite, suppression du pilotage des bornes, matériel moins cher) compromet l’installation. C’est souvent la trace de cette alerte qui permet de limiter votre part de responsabilité lors d’une expertise.

Le visa qui engage

L’entreprise remplace, par économie, les disjoncteurs prévus par une gamme d’un autre fabricant. Le BET vise les plans sans vérifier les courbes : la sélectivité est perdue et le bâtiment coupe au moindre défaut. L’expert retient la responsabilité de l’entreprise, mais aussi celle du BET pour un visa insuffisant.

Ce qu’il faut faire figurer dans votre contrat

À déclarer expressément
  • Courants forts et courants faibles (les deux, si vous faites les deux)
  • Alimentation des systèmes de sécurité incendie et éclairage de sécurité
  • Infrastructures de recharge (IRVE) et pilotage énergétique
  • Photovoltaïque : autoconsommation, injection, intégré ou non au bâti
  • HTA et postes de livraison, si vous en faites
  • Missions EXE, VISA, DET, et leur part dans le chiffre d’affaires
Souvent exclus par défaut
  • Photovoltaïque dans un contrat d’ingénierie « bâtiment »
  • Ouvrages de production d’énergie non accessoires à un bâtiment
  • IGH et ERP de 1re catégorie sans accord préalable
  • Équipements de process industriel (art. 1792-7 C. civ.)
Questions fréquentes

Questions fréquentes sur les missions CFO / CFA

Quelle différence entre CFO et CFA ?
Les courants forts (CFO) transportent l’énergie : distribution, éclairage, prises. Les courants faibles (CFA) transportent l’information : réseaux informatiques, contrôle d’accès, vidéoprotection, interphonie.
Mon contrat « ingénierie électrique » couvre-t-il les bornes de recharge ?
Pas forcément. Les IRVE sont une activité à déclarer expressément, comme le photovoltaïque. Vérifiez la liste des activités de votre attestation.
Le visa des plans d’exécution engage-t-il ma responsabilité ?
Oui. Viser un plan revient à vérifier sa conformité à votre projet. Un visa insuffisant peut conduire l’expert à retenir une part de responsabilité du BET.
Quelle norme régit les installations électriques d’un bâtiment ?
La NF C 15-100 pour les installations à basse tension, complétée par la NF C 14-100 pour le branchement et par les textes propres aux ERP et aux lieux de travail.
Pour aller plus loin

Pour aller plus loin

Faites assurer toutes vos activités CFO et CFA

Un contrat dont la liste d’activités correspond à ce que vous faites vraiment.